http://horsdutemps.info/
 

Les dettes de nos gouvernements sont le fait de gestes CALCULÉS...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

     

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PRÉFACE

Les assassins financier sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Ils dirigent l'argent de la banque mondiale, de l'agence américaine du développement international (USAID) et d'autres organisations "humanitaires" vers les coffres de granbdes compagnies et vers les proches de quelques familles rissisimes qui contrôle les ressources naturelles de la planète. Leurs armes principales : les rapports financiers frauduleux, les élections trucquées, les pots-de-vin, l'extrosion, le sexe et le meurtre. Ils jouent un jeu vieux comme le monde mais qui a atteint des proportions terrifiantes en cette époque de mondialisation. 

Je sais très bien de quoi je parle... car j'ai été moi-même un assassin financier.  (John Perkins)

Les confessions d'un assassin financier - John Perkins

http://www.johnperkins.org/   

 
 

LIVRE : Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial
 

La première édition de La mondialisation de la pauvreté, de Michel Chossudovsky, publiée en 1998 et traduite en 13 langues, a eu un succès retentissant à travers le monde, permettant à des centaines de milliers de gens de comprendre l’ampleur des conséquences de la mondialisation marchande sur les individus et les sociétés, au Nord comme au Sud. Son auteur propose aujourd’hui une seconde édition mise à jour, augmentée de quelque 150 pages et enrichie de recherches et d’analyses additionnelles, ce qui en fait un ouvrage de brûlante actualité.

Michel Chossudovsky fait le point sur la situation économique et sociale, dégradée jusqu’à l’effondrement par les politiques des institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, dans les pays africains, les pays d’Amérique latine, les pays du Sud-Est asiatique ainsi que dans l’ex-Union soviétique et les Balkans. Il n’oublie pas d’actualiser son analyse de la crise financière en Occident et de la guerre économique qui frappe ses sociétés.

L’auteur inclut en outre des chapitres entièrement nouveaux sur la manipulation des données réelles de la pauvreté mondiale, sur les conséquences des politiques de la Banque mondiale sur les droits des femmes, ainsi que sur la ruine de l’économie paysanne en Éthiopie, la destruction économique de l’Albanie et la recolonisation de la Corée.

Professeur d’économie politique, conférencier prisé sur la scène internationale et conseiller auprès de pays en développement, d’organismes internationaux et des Nations Unies, Michel Chossudovsky est l’auteur d’un second best-seller, Guerre et mondialisation (Écosociété).

 

TABLE DES MATIÈRES

Glossaire des sigles
Préface à la seconde édition
Introduction

PREMIÈRE PARTIE La pauvreté mondiale et les réformes macroéconomiques

CHAPITRE PREMIER La mondialisation de la pauvreté
Géopolitique mondiale
Polarisation sociale et concentration de la richesse
La médecine économique du FMI
Un génocide économique
Destruction de l'économie nationale
La dollarisation des prix
La «tiers-mondialisation » de l'ancien bloc de l'Est
Le rôle des institutions internationales
Des droits garantis aux banques et aux sociétés multinationales

CHAPITRE II Des faussetés à l'échelle planétaire
Manipulation des données sur la pauvreté mondiale
La pauvreté établie à un dollar par jour
Les chiffres des Nations unies sur la pauvreté
La pauvreté soumise à deux poids deux mesures
Dissimulation de la réalité

CHAPITRE III Dette et ajustement structurel
Un plan Marshall pour pays riches
«Le FMI à la rescousse des pays pauvres»
«Prêts à l’appui des réformes»
L’augmentation de la dette
Le Programme d’ajustement structurel
Première phase: La stabilisation économique à court terme
Deuxième phase: «Réforme structurelle»
«La lutte contre la pauvreté»
Impact économique de l’ajustement structurel
Les conséquences sociales

CHAPITRE IV La Banque mondiale et les droits des femmes
La perspective de la Banque mondiale
Le droit des femmes à l'éducation est bafoué
Le recouvrement des coûts dans la santé
Les intentions cachées

CHAPITRE V La mondialisation du chômage
Les réformes macroéconomiques favorisent la délocalisation industrielle
L’internationalisation des politiques macroéconomiques
Les conséquences de la surproduction
Le rôle de la révolution scientifique
Une économie de rente
L’appropriation de la plus-value par les non-producteurs
Secteurs mobiles et immobiles
La délocalisation de l’économie des services

DEUXIÈME PARTIE L’Afrique Subsaharienne

CHAPITRE VI Famine et guerre civile en Somalie
Ruine de l’économie et désintégration de l’État

CHAPITRE VII Le génocide économique au Rwanda
La dévaluation
Austérité du budget, gonflement de l’armée
Le financement des dépenses militaires
Les détournements de fonds
Les importations d’armes et de machettes
La «fongibilité des devises»
Nécessité d’annuler une dette odieuse
La responsabilité des bailleurs de fonds
Établissement d'un protectorat américain en Afrique centrale
Militarisation de l'Ouganda
La dette extérieure ougandaise
Le financement des deux parties adverses de la guerre civile
Camouflage d'après-guerre
Dans la foulée de la guerre civile, rétablissement des néfastes réformes économiques du FMI
«Reconstruction et réconciliation» de l'après-guerre
La guerre civile au Congo
Les intérêts miniers américains
Une guerre larvée entre la France et les États-Unis
Établissement d'un protectorat anglo-américain

CHAPITRE VIII Apartheid et néolibéralisme en Afrique australe
Les concessions agricoles au Mozambique
La réforme agraire parrainée par la Banque mondiale

CHAPITRE IX Ruine de l'économie paysanne de l'Éthiopie et destruction de la biodiversité
Crise dans la Corne de l'Afrique
La promesse de «libéraliser» le marché
La ruine de l'économie paysanne
Le blanchiment des excédents de grains génétiquement
modifiés des États-Unis
Biodiversité à vendre
L'impact de la famine

TROISIÈME PARTIE L’Asie

CHAPITRE X Famine et implosion sociale en Inde
La chirurgie économique du FMI
Avec l’appui des possédants locaux
Des millions de ruraux sans terre
Les décès par la faim
Renforcement de l’exploitation de caste
Un budget conçu à Washington
Un gouvernement parallèle

CHAPITRE XI Le Bangladesh sous la tutelle des bailleurs de fonds
Le rôle de la CIA
Installation de la dictature militaire
Démocratie de façade
Mainmise sur les finances publiques
Paysans sans terre
Déversement des surplus céréaliers
Les campagnes surpeuplées
L’industrie du vêtement

CHAPITRE XII Le Viêt-nam, la destruction économique d’après-guerre
La guerre économique
Réinterprétation de l’histoire de la guerre du Viêt-nam
La nouvelle guerre du Viêt-nam
Le remboursement des «mauvaises dettes» du régime de Saïgon
Destruction de l’économie nationale
Exclusion des producteurs nationaux de leur propre marché
L’asphyxie du commerce intérieur
L’effondrement du capital d’État
Effondrement de l’investissement public
Réintégration dans l’empire japonais
La famine
Malnutrition infantile
Le rôle de l’agro-business internationale
Le Viêt-nam: grand exportateur de riz
La concentration de la propriété foncière
La destruction de l’éducation
Effondrement du système de santé
La résurgence des maladies contagieuses

CHAPITRE XIII La Corée colonisée à nouveau
La mission du FMI arrive à Séoul
Rentrée rapide à Washington
«Tordage de bras» durant la course à la présidence
Une loi habilitante adoptée grâce au chantage financier
Réunion des banquiers de Wall Street la veille de Noël
Aucune entrée de capitaux en vertu de l'opération de sauvetage
Le programme macroéconomique
Le démantèlement des chaebols
Wall Street en fête
Main basse sur les banques commerciales coréennes
Le secours de magnats californiens et texans
Capitalistes américains et allemands se partagent les dépouilles
Établissement d'un régime colonial
Réunification et «libre marché»
Coloniser la Corée du Nord

QUATRIÈME PARTIE L’Amérique Latine

CHAPITRE XIV Dette et «démocratie» au Brésil
La stratégie du FMI
La saga de la dette, premier acte: le Plan Collor
Deuxième acte: changement d’équipe
Troisième acte: la destitution du président Collor
Quatrième acte: un sociologue «marxiste» aux Finances
Cinquième acte: la restructuration de la dette commerciale
Épilogue: la gestion de la pauvreté au moindre coût pour les créanciers
Banquiers en campagne contre la faim
La création d’un gouvernement parallèle
Le Brésil victime d'une escroquerie
Resserrement du crédit
Le contexte de l'accord du FMI
Des spéculateurs ravis
De nouvelles initiatives politiques
Wall Street prend en charge la Banque centrale du Brésil
«Dollarisation» de l'Amérique latine

CHAPITRE XV La thérapie de choc au Pérou
Effondrement du système sanitaire
Premier fournisseur de coca
Le programme antidrogue de Washington

CHAPITRE XVI La Bolivie: dette et narcotrafic
La Nouvelle Politique économique
Conséquences économiques et sociales
Conséquences pour l’économie rurale
Le blanchiment de l’argent sale
«L’éradication» de la production de coca
Le narco-État

CINQUIÈME PARTIE L’Ex-Union Soviétique et les Balkans


CHAPITRE XVII Tiers-mondisation de l’ex-Union soviétique
Première phase: «la thérapie de choc» de janvier 1992
Deuxième phase: les réformes du FMI dans l’impasse

CHAPITRE XVIII Démantèlement de la Yougoslavie, recolonisation de la Bosnie-Herzégovine
Une Bosnie néocoloniale
Un peu d'histoire
Markovic s'en va-t-à Washington
La main invisible qui écrase
Réaménagement du cadre législatif
Le programme de faillite
Le largage des travailleurs excédentaires
La politique économique de désintégration
L'«aide» occidentale
Reconstruction et libre marché de l'après-guerre
Reconstruction à la mode coloniale
De la Bosnie au Kosovo
Les richesses minières du Kosovo vendues à vil prix
Établissement d'un État mafieux
N'y a-t-il rien d'autre que le néolibéralisme?

CHAPITRE XIX La destruction économique de l'Albanie
Antécédents de la crise
Les réformes parrainées par le FMI et la Banque mondiale
Une «réussite économique»
Le programme de faillite
La déréglementation financière
La course au trésor
Des industries stratégiques sont mises en vente
Main basse sur l'infrastructure
L'économie grise
La campagne ne répond plus
Le chaos macroéconomique
L'éclosion de maladies endémiques
La criminalisation de l'État
Des armes et des munitions pour la Grande Albanie
Le crime organisé investit dans des affaires légales
Recyclage de l'argent sale vers des créanciers occidentaux
Perspectives socialistes

SIXIÈME PARTIE Le nouvel ordre mondial

CHAPITRE XX La crise financière en Occident
Contexte historique de la crise économique
Changement du paysage financier
Le spéculateur institutionnel
Le krach boursier d’octobre 1997
Instabilité des marchés financiers
L’accumulation de richesses privées
Le gonflement des dettes publiques
L’ajustement structurel en Occident
Politique alternative

CHAPITRE XXI Une guérilla économique
Manipulation du «libre marché»
L'impuissance des banques centrales
Créanciers et spéculateurs
D'où provient l'aide financière du FMI?
Un remède économique de cheval
La déréglementation du mouvement des capitaux
Les spéculateurs se font gestionnaires de la crise
Concentration de la richesse

Bibliographie


 Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

 


The Globalization of Poverty and the New World Order 

by Michel Chossudovsky

In this new and expanded edition of Chossudovsky’s international best-seller, the author outlines the contours of a New World Order which feeds on human poverty and the destruction of the environment, generates social apartheid, encourages racism and ethnic strife and undermines the rights of women. The result as his detailed examples from all parts of the world show so convincingly, is a globalization of poverty.

This book is a skilful combination of lucid explanation and cogently argued critique of the fundamental directions in which our world is moving financially and economically.

In this new enlarged edition –which includes ten new chapters and a new introduction-- the author reviews the causes and consequences of famine in Sub-Saharan Africa, the dramatic meltdown of financial markets, the demise of State social programs and the devastation resulting from corporate downsizing and trade liberalisation.

Michel Chossudovsky is Professor of Economics at the University of Ottawa and Director of the Centre for Research on Globalization (CRG), which hosts the critically acclaimed website www.globalresearch.ca . He is a contributor to the Encyclopedia Britannica. His writings have been translated into more than 20 languages.

Published in 11 languages. More than 100,000 copies sold Worldwide.

 

"In its entirety, the book can and should be read by all with an interest in world peace and the causes of poverty." Frances Hutchinson, The Ecologist

"This concise, provocative book reveals the negative effects of imposed economic structural reform, privatization, deregulation and competition. It deserves to be read carefully and widely." Choice, American Library Association (ALA)

"The current system, Chossudovsky argues, is one of capital creation through destruction. The author confronts head on the links between civil violence, social and environmental stress, with the modalities of market expansion." Michele Stoddard, Covert Action Quarterly

"This detailed study by an economics insider shows the consequences of "reforms" in various parts of the world, reveals a clear pattern of callous neocolonialism. Definitely red-pill material." Richard K. Moore, Whole Earth.

"As Michel Chossudovsky, author of The Globalisation of Poverty, has pointed out, an entirely undemocratic world body "has been casually installed in Geneva, empowered under international law with the mandate to 'police' country level economic and social policies". This amounts to a "repeal of the Universal Declaration of Human Rights", providing "legitimacy to trade practices which border on criminality [including] the patenting of human life forms". John Pilger, New Statesman.

"More than just an austerity program, Chossudovsky believes the conditions the IMF demands of countries - with little choice but to accept - are draconian...He also believes the IMF is getting its direction from the wealthy Wall Street investment banks which act as informal policy advisers and more formally, help structure and deliver bailout packages. "There are powerful financial actors behind this," he says. While Chossudovsky, author of The Globalization Of Poverty, is careful not to suggest a conspiracy, he says large multinational corporations and investment houses benefit from the chaos in countries like South Korea and Indonesia once their currencies are devalued." Laura Eggertson, The Toronto Star

"Michel Chossudovsky is one of the leading intellectuals of the antiwar movement, perhaps the best, as I find he works his tail off in documenting the material he presents and is rigorous in his analysis." Jude Wanniski, Polyconomics.

"Chossudovsky gives us a clear analysis of how the International Monetary Fund has well served this corporate plan. He gives us case studies of the ''restructuring'' and subsequent impoverishment of the people in countries like Somalia, Peru and Russia. He lays out the blueprint for the rest of the world."  Briarpatch

"... I  recommend to all interested in our political and financial future, unemployed or in work, to buy or borrow, one of the most informative books on the consequences of global poverty, written by Michel Chossudovsky." Stan Kent, Scunthorpe Evening Telegraph

"University of Ottawa economist Michel Chossudovsky  calls our era a global ''cheap labour economy''. The underlying problem is only made worse by IMF-sponsored reforms that impoverish millions of people. Economic Justice Report

"Michel Chossudovsky, offers in his book The Globalisation of Poverty an impressive presentation of the destructive effects macroeconomic restructuring has had on Yugoslavia and its 24 million people."  Paul Surlis, National Catholic Reporter

 

Read Review of First Edition

Read Review of First Edition (Covert Action Quarterly)

Reviews by readers who purchased the First Edition

Reviews by readers who purchased the Second Edition

Recent Amazon Reviews of the Second edition

"Battling Mainstream Economics" by Juliet ONeill (Biographical sketch of Michel Chossudovsky), Ottawa Citizen

Read mainstream media review: The Voice of America (VOA)

Links to Michel Chossudovsky's writings (Google Search)

See also Michel Chossudovsky's book entitled  America's War on Terrorism, 2nd Edition

Michel Chossudovsky is the 2003 Recipient of the Human Rights Prize of the Society for the Protection of Civil Rights and Human Dignity, Berlin, Germany.

Globalization of Poverty, (German edition) was classified No. 2 in the Top Ten "best" non-fiction titles in Germany, July 2002, by a panel of writers, journalists and scholars.

He is seven times recipient of the Project Censored Award , Sonoma University School of Journalism, California (2000 (double award), 2001 (double award), 2002, 2004, Nominated for 2005). His website, Global Research (Canada) was granted the Democracy Media Award in 2002, 2003 and 2004 by GoodWriters.net.

Photos of Michel Chossudovsky

The Globalization of Poverty in its First and Second editions has been published in eleven languages. Ten English language editions and co-editions in the US, UK, Canada (2 editions), Australia, Malaysia, South Africa, India, Philippines (2 editions)), French (2 editions), German, Spanish, Portuguese (two editions, Brazil and Portugal), Finnish, Turkish, Japanese, Korean, Italian (2 editions), Arabic.

source : http://globalresearch.ca/globaloutlook/GofP.html


La crise économique mondiale : la Grande Dépression du XXIe siècle
Préface de livre
 

Le texte suivant constitue la préface du livre The Global Economic Crisis. The Great Depression of the XXI Century, de Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall (éditeurs), Montréal, Global Research, 2010, qui sera publié à la fin mai.

 

Dans ce recueil bien à propos, chaque auteur lève le voile sur une trame complexe de tromperie et de déformation médiatique servant à camoufler les rouages du système économique mondial et ses effets ravageurs sur la vie des gens.

 

Les causes complexes tout comme que les conséquences destructrices de la crise économique sont scrutées à la loupe dans les contributions de Ellen Brown, Tom Burghardt, Michel Chossudovsky, Richard C. Cook, Shamus Cooke, John Bellamy Foster, Michael Hudson, Tanya Cariina Hsu, Fred Magdoff, Andrew Gavin Marshall, James Petras, Peter Phillips, Peter Dale Scott, Bill Van Auken, Claudia von Werlhof et Mike Whitney.

 

Malgré la diversité des points de vue et des perspectives présentées dans ce volume, les collaborateurs arrivent tous ultimement à la même conclusion : l’humanité se trouve à la croisée des chemins de la crise économique et sociale la plus grave de l’histoire moderne.



PRÉFACE : La crise économique mondiale, la Grande Dépression du XXIe siècle

Dans toutes les grandes régions du monde, la récession économique est profonde et entraîne le chômage de masse, l’effondrement de programmes sociaux étatiques et l’appauvrissement de millions de personnes. La crise économique s’accompagne d’un processus mondial de militarisation, d’une « guerre sans frontières » menée par les États-Unis d’Amérique et ses alliés de l’OTAN. La conduite de la « longue guerre » du Pentagone est intimement liée à la restructuration de l’économie mondiale.

 

Il ne s’agit pas d’une crise économique ou d’une récession précisément définies. L’architecture financière mondiale maintien des objectifs stratégiques et de sécurité nationale, tandis que le programme militaire U.S.-OTAN sert à cautionner une puissante élite d’entreprises, laquelle éclipse et sape implacablement les fonctions du gouvernement civil.

 

Ce livre conduit le lecteur dans les corridors de la Réserve Fédérale et du Council on Foreign Relations, derrière les portes closes de la Banque des règlements internationaux (BRI) et au cœur des salles de réunion corporatives cossues de Wall Street, où s’effectuent couramment des transactions financières d’une portée considérable, en un clic, à partir de terminaux informatiques liés à de grands marchés boursiers.

 

Chaque auteur lève le voile sur une toile complexe de tromperie et de déformation médiatique servant à camoufler les rouages du système économique mondial et ses effets ravageurs sur la vie des gens. Notre analyse se concentre sur le rôle de puissants acteurs économiques et politiques dans un environnement envahi par la corruption, la manipulation financière et la fraude.

 

Malgré la diversité des points de vue et des perspectives présentées dans ce volume, les contributeurs arrivent tous ultimement à la même conclusion : l’humanité se trouve à la croisée des chemins de la crise économique et sociale la plus grave de l’histoire moderne.

 

La débâcle des marchés financiers en 2008-2009 est née d’une fraude institutionnalisée et de la manipulation financière. Les "sauvetages bancaires" ont été mis en œuvre sous les instructions de Wall Street et ont mené au plus important transfert de richesse monétaire de l’histoire jamais enregistré, tout en créant simultanément une dette publique insurmontable.

 

Avec la détérioration planétaire des niveaux de vie et la chute des dépenses de consommation, la structure entière du commerce international des denrées est potentiellement compromise. Le système de paiement des transactions monétaires est chamboulé. Une fois le marché du travail effondré, le paiement des salaires est perturbé, ce qui en retour déclenche une diminution des dépenses liées aux biens et services essentiels. Cette grave dégringolade du pouvoir d’achat se répercute ensuite sur le système de production, résultant en une série de mises à pied, de fermeture d’usines et de faillites. Exacerbée par le gel du crédit, la baisse de la demande de biens de consommation contribue à la démobilisation des ressources humaines et matérielles.

 

Ce processus de déclin économique est cumulatif et toutes les catégories de main-d’œuvre sont affectées. Les paiements des salaires ne sont plus effectués, le crédit est déréglé et les dépenses d’investissement sont au point mort. Entre-temps, dans les pays occidentaux, le « filet de sécurité sociale », hérité de l’État providence et protégeant les chômeurs lors d’un ralentissement économique, est également en danger.

 

Le mythe de la reprise économique

 

Bien que l’on reconnaisse fréquemment l’existence d’une « Grande Dépression » de l’ordre de celle des années 1930, cela est occulté par un consensus inflexible : « L’économie est sur la voie de la reprise. »

 

Alors que l’on parle de regain économique, les commentateurs de Wall Street ont intentionnellement négligé avec persistance le fait que la débâcle financière n’est pas simplement composée d’une bulle, celle du marché de l’habitation et de l’immobilier, laquelle a déjà éclaté. En réalité, la crise est constituée de bien des bulles qui semblent toutes diminuer l'importance de l’éclatement de la bulle immobilière de 2008.

 

Bien qu’il n’y ait aucun désaccord fondamental chez les analystes du courant dominant quant à la présence d’une reprise économique, il existe un débat animé à savoir quand elle se produira, à savoir au cours du prochain trimestre ou du troisième trimestre l’an prochain, etc. Déjà au début 2010, la « reprise » de l’économie étasunienne avait été prévue et confirmée par un torrent de désinformation médiatique soigneusement formulé. Pendant ce temps le bourbier social du chômage accru aux États-Unis a été scrupuleusement camouflé et les économistes voient la faillite comme un phénomène microéconomique.

 

Bien qu’ils révèlent des réalités au niveau local affectant une usine ou plus, les reportages sur les faillites ne procurent pas de vue d’ensemble sur ce qui se produit aux niveaux national et international. Lorsque l’on additionne ces fermetures simultanées d’usines dans les petites et grandes villes à travers le pays, un tableau fort différent émerge : des secteurs entiers de l’économie nationale cessent leurs activités.

 

On continue à induire l’opinion publique en erreur quant aux causes et aux conséquences de la crise économique, sans compter les solutions politiques. Les gens sont amenés à penser que l’économie possède sa propre logique, laquelle dépend de la libre influence réciproque des forces du marché, et qu’en aucune circonstance de puissants acteurs financiers tirant les ficelles au sein des salle de réunion corporatives, auraient pu influencer le cours des événements économiques.

 

L’appropriation acharnée et frauduleuse de la richesse est maintenue comme partie intégrante du « rêve américain », comme moyen de propager les bénéfices de la croissance économique. Tel qu’exprimé par Michael Hudson, le mythe suivant s’établit : « sans richesse au sommet, il n’y aurait pas de retombées ». Une logique si défaillante du cycle économique masque une compréhension des origines structurelles et historiques de la crise économique mondiale.

 

Fraude financière

 

La désinformation médiatique sert largement les intérêts d’une poignée de banques mondiales et de spéculateurs institutionnels utilisant leur mainmise sur les marchés financiers et ceux des denrées afin d’amasser des quantités impressionnantes de richesse monétaire. Les couloirs de l’État sont contrôlés par l’ordre corporatif établi, dont les spéculateurs. Entre-temps, les « sauvetages bancaires », présentés au public comme nécessaires à la reprise économique, ont facilité et légitimé un processus additionnel d’appropriation de la richesse.

 

Une quantité importante de richesse monétaire est acquise par la manipulation financière. L’appareil financier a développé des instruments sophistiqués de manipulation et de tromperie pures et simples, auxquels on fait allusion sous le nom de « déréglementation ». Grâce à des informations privilégiées et à une connaissance préalable, de grands acteurs financiers, utilisant les instruments de transactions spéculatives, ont la capacité de falsifier et de truquer les mouvements des marchés à leur avantage, de précipiter l’effondrement d’un compétiteur et de provoquer des dégâts dans les économies des pays en développement. Ces outils de manipulation sont devenus des éléments fondamentaux de l’architecture financière : ils sont intégrés au système.

 

L’échec de la science économique dominante

 

La profession d’économiste, particulièrement dans les universités, aborde rarement le « monde réel » du fonctionnement des marchés. Des concepts théoriques centrés sur des modèles mathématiques servent à représenter un monde abstrait et fictif au sein duquel les individus sont égaux. Il n’existe pas de distinction théorique entre les travailleurs, les consommateurs ou les entreprises, auxquels ont fait invariablement référence comme des « négociateurs individuels ». Or, aucun individu n’a le pouvoir ou la capacité d’influencer à lui seul le marché et il ne peut pas y avoir de conflit entre les travailleurs et les capitalistes dans ce monde abstrait.

 

En omettant d’examiner les actions réciproques des puissants acteurs économiques dans l’économie « réelle », on ignore les techniques de truquage des marchés, de manipulation financière et de fraude. La concentration et la centralisation des prises de décision économiques, le rôle des élites financières, les cercles de réflexion, les salles du conseil : aucune de ces questions n’est examinée dans les programmes économiques universitaires. Le concept théorique est dysfonctionnel : il ne peut être utilisé pour assurer une compréhension de la crise économique.

 

La science économique est un concept idéologique servant à camoufler et à justifier le nouvel ordre mondial. Un lot de postulats dogmatiques contribue à la sauvegarde du capitalisme de libre marché en niant l’existence d’inégalités sociales et la nature du système motivé par le profit. Le rôle de puissants acteurs économiques et la façon dont ces derniers sont capables d’influencer les mécanismes des marchés financiers et de denrées n’est pas un objet de préoccupation pour les théoriciens de la discipline. Les pouvoirs de la manipulation servant à l’appropriation de quantités importantes de richesse monétaire sont rarement abordés. Et lorsqu’ils sont reconnus, on considère qu’ils appartiennent au domaine de la sociologie ou de la science politique.

 

Cela signifie que le cadre politique et institutionnel derrière ce système économique  mondial, modelé au cours des trente dernières années, est rarement analysé par les économistes de l’école dominante. Il s’ensuit que l’économie, en tant que discipline, à quelques exceptions près, n’a pas fourni l’analyse nécessaire à la compréhension de la crise économique. En réalité, ses principaux postulats du libre marché nient l’existence d’une crise. L’économie néoclassique est centrée sur l’équilibre, le déséquilibre et la « correction du marché » ou l’« ajustement » par le mécanisme du marché, dans le but de remettre l’économie « sur la voie de la croissance autonome ».

 

La pauvreté et les inégalités sociales

 

L’économie politique mondiale est un système qui enrichit une poignée d’individus au détriment de la grande majorité. La crise économique mondiale a contribué à l’accroissement des inégalités sociales, aussi bien à l’intérieur des pays qu’entre eux. Dans le capitalisme mondial, la pauvreté ne résulte pas de la rareté ou du manque de ressources humaines et matérielles. Le contraire est plutôt vrai : la dépression économique est marquée par un procédé de désengagement des ressources humaines et du capital physique. La vie des gens est détruite et la crise économique est profonde.

 

Les structures d’inégalités sociales ont été renforcées sciemment, menant ainsi non seulement à un processus généralisé d’appauvrissement, mais aussi à l’anéantissement des groupes à revenus moyen et moyen supérieur.

 

Le consumérisme de la classe moyenne, sur lequel est basé ce modèle de développement capitaliste incontrôlable, est lui aussi menacé. Les faillites ont frappé plusieurs des secteurs les plus vivants de l’économie consumériste. Les classes moyennes occidentales ont pour leur part été sujettes à l’érosion de leur richesse matérielle durant plusieurs décennies. Alors que la classe moyenne existe en théorie, il s’agit d’une classe construite et préservée par l’endettement des ménages.

 

Au lieu de la classe moyenne, ce sont plutôt les riches qui deviennent rapidement la classe consumériste, cela conduisant à la croissance incessante de l’économie des marchandises de luxe. De plus, en raison du tarissement des marchés de classe moyenne pour les produits manufacturés, la structure de la croissance économique a subi un virage fondamental et décisif. Avec l’effondrement de l’économie civile, le développement de l’économie de guerre étasunienne, soutenue par un budget de la Défense monstrueux avoisinant les billions de dollars, a atteint de nouveaux sommets. Au moment où les marchés s’effondrent et que la récession se développe, les entrepreneurs militaires, les industries d’armement perfectionné, les entrepreneurs en sécurité nationale et les compagnies de mercenaires prometteuses (entre autres) ont connu une croissance florissante de leurs diverses activités.

 

La guerre et la crise économique

 

La guerre est inextricablement liée à l’appauvrissement des individus, au pays et à travers le monde. La militarisation et la crise économique sont aussi intimement liées. La fourniture de produits et services essentiels nécessaire aux besoins humains fondamentaux a été remplacée par un « engin meurtrier » à but lucratif et en faveur de la « guerre mondiale au terrorisme ». Les pauvres sont faits/utilisés pour combattre les pauvres. Cependant, la guerre enrichit la classe supérieure, laquelle contrôle l’industrie, l’armée, le pétrole et les banques. Dans une économie de guerre, la mort est bonne pour les affaires, la pauvreté est bonne pour la société et le pouvoir est bon pour la politique. Les pays occidentaux, particulièrement les États-Unis, dépensent des centaines de milliards de dollars par année pour assassiner des innocents dans des pays lointains appauvris, alors que leurs citoyens souffrent des disparités touchant à la pauvreté, aux classes, aux genres et aux divisions raciales.

 

Une « guerre économique » absolue est menée par le libre marché et entraîne le chômage, la pauvreté et la maladie. La vie des gens est en chute libre et leur pouvoir d’achat est détruit. Les vingt dernières années de « libre marché » mondial ont touché d’une manière très réelle la vie de millions de personnes, en engendrant la pauvreté et le dénuement social.

 

Plutôt que d’aborder une catastrophe sociale imminente, les gouvernements occidentaux, qui servent les intérêts des élites économiques, ont mis en place un État policier à la « Big Brother », ayant pour mandat la confrontation et la répression de toutes les formes d’opposition et de dissidence sociale.

 

La crise économique et sociale est loin d’avoir atteint son paroxysme et des pays entiers sont en danger, dont la Grèce et l’Islande. L’on a qu’à regarder l’escalade de la guerre au Moyen-Orient et en Asie centrale ainsi que les menace des États-Unis et de l’OTAN envers la Chine la Russie et l’Iran pour affirmer que la guerre et l’économie sont étroitement liées.

 

Notre analyse dans cet ouvrage

 

Les collaborateurs de ce livre révèlent la complexité du système bancaire mondial et de sa relation insidieuse avec le complexe militaro-industriel et les conglomérats pétroliers. Cet ouvrage présente une approche interdisciplinaire et polyvalente, tout en transmettant une compréhension des dimensions historique et institutionnelle. Il souligne également les relations complexes entre la crise économique et la guerre, l’empire et la pauvreté mondiale. Cette crise a véritablement une portée planétaire et des répercussions se propageant dans tous les pays et toutes les sociétés.

 

La première partie expose l’ensemble des causes de la crise économique ainsi que les échecs des sciences économiques de l’école dominante. Michel Chossudovsky se focalise sur l’histoire de la déréglementation financière et de la spéculation. Tanya Cariina Hsu analyse pour sa part le rôle de l’empire étasunien et son rapport à la crise économique. John Bellamy Foster et Fred Magdoff offrent quant à eux un examen complet de l’économie politique de la crise en expliquant le rôle clé de la politique monétaire. De leur côté, James Petras et Claudia von Werlhof présentent une revue critique détaillée du néolibéralisme en mettant l’accent sur les répercussions économiques, politiques et sociales des réformes du « libre marché ». Enfin, Shamus Cooke examine le rôle central de la dette, à la fois publique et privée.

 

La seconde partie, incluant des chapitres de Michel Chossudovsky et Peter Phillips, analyse la marée montante de la pauvreté et de l’inégalité sociale découlant de la Grande Dépression.

 

Grâce aux contributions de Michel Chossudovsky, Peter Dale Scott, Michael Hudson, Bill Van Auken, Tom Burghardt et Andrew Gavin Marshall, la troisième partie observe la corrélation entre la crise économique, la sécurité nationale, la guerre menée par les États-Unis et l’OTAN, et le gouvernement mondial. Dans ce contexte, comme l’exprime Peter Dale Scott, la crise économique engendre des conditions sociales favorisant l’instauration de la loi martiale.

 

La quatrième partie est axée sur le système monétaire international, son évolution et la transformation de son rôle. Andrew Gavin Marshall examine l’historique des banques centrales, ainsi que les diverses initiatives visant à créer des systèmes monétaires régionaux et international. Ellen Brown se concentre pour sa part sur la création d’une banque centrale mondiale et d’une devise internationale par le biais de la BRI. Finalement, Richard C. Cook étudie le système monétaire basé sur la dette comme système de contrôle et offre une structure pour la démocratisation du système monétaire.

 

Enfin, la cinquième partie est centrée sur les mécanismes du système bancaire parallèle ayant déclenché la débâcle des marchés financiers en 2008. Les chapitres de Mike Whitney et Ellen Brown décrivent en détail comment la combine à la Ponzi de Wall Street a été utilisée pour manipuler le marché et transférer des milliards de dollars dans les poches des banksters.

 

Nous sommes redevables aux auteurs pour leur recherche soigneusement documentée, leur analyse incisive et, avant tout, pour leur engagement inflexible envers la vérité : Tom Burghardt, Ellen Brown, Richard C. Cook, Shamus Cooke, John Bellamy Foster, Michael Hudson, Tanya Cariina Hsu, Fred Magdoff, James Petras, Peter Phillips, Peter Dale Scott, Mike Whitney, Bill Van Auken et Claudia von Werlhof, ont livré, et ce avec une extraordinaire clareté, une compréhension des processus économiques, sociaux et politiques complexes qui affectent la vie de millions de personnes dans le monde.

 

Nous sommes reconnaissants envers Maja Romano de Global Research Publishers, qui a supervisé et coordonné sans relâche l’édition et la production de ce livre, incluant le concept créatif de la page couverture. Nous souhaitons également remercier Andréa Joseph pour la composition consciencieuse du manuscrit et le graphisme de la page couverture. Nous tenons aussi à remercier Isabelle Goulet, Julie Lévesque et Drew McKevitt pour leur soutien dans la révision et l’édition de cet ouvrage.
 


Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall, Montréal et Vancouver, mai 2010


Texte original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=19025

Site Web de Michel Chossudovsky : http://globalresearch.ca/ et http://www.mondialisation.ca/ 

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